Se préparer à l’avance

Publié le 10 mars 2013

Eric Cotte, Président du Comité des banques du Nord-Pas de Calais (Lille)

Q : A moins d’un an de la date limite du passage à SEPA, quel est le constat que vous faites ?

Eric Cotte : Aujourd’hui, il faut être clair, on a encore le sentiment que beaucoup d’entreprises découvrent le passage à SEPA et la date très proche du 1er février 2014. Nous avons ainsi encore souvent la question de l’obligation ou non de migrer à SEPA. Cela démontre qu’il y a encore un important travail de sensibilisation à faire auprès des entreprises. Voici me semble-t-il un chantier commun à conduire entre tous les acteurs - banques, chambres consulaires, fédérations professionnelles, professions de conseil, … – pour informer un maximum d’entreprises.

 

Q : La Belgique est à une vingtaine de kilomètres de Lille : cela change-t-il le point de vue des entreprises ?

Depuis de nombreuses années, nos entreprises ont déjà pris l’habitude de travailler des deux côtés de la frontière et au-delà : c’est une vocation naturelle pour les entreprises nordistes. Avoir un Espace unique de paiement en euro facilite le travail de nos entreprises. Recevoir des paiements ou effectuer des règlements avec des entreprises basées à Bruxelles, Namur ou Ypres  devient aussi simple qu’avec des partenaires basés à Valenciennes ou Marseille Pour autant, il faut veiller à ne pas résumer SEPA aux seuls paiements transfrontières. Le 1er février 2014, ce sont l’ensemble des virements et des prélèvements qui devront être effectués au format SEPA que ce soit en France ou entre pays de l’Espace SEPA.

 

Q : Comment les banques de la région se mobilisent pour passer à SEPA ?

Il faut d’abord rappeler que les banques sont déjà en mesure de traiter les virements et les prélèvements au format SEPA.

Pour accélérer l’appropriation par les entreprises, nous avons deux rôles principaux :

  • Le premier est d’informer nos clients pour qu’ils se préparent au plus tôt. Nos chargés d’affaires et nos réseaux s’y emploient depuis plusieurs mois, avec une montée en puissance depuis le début de l’année. Plusieurs banques conduisent des réunions d’information : nous y invitons nos clients professionnels. Au titre de la FBF, nous avons organisé une soirée sur le projet SEPA fin novembre 2012 avec la Banque de France et Lille Place Tertiaire : une centaine de dirigeants de PME, de professionnels de la gestion ou de l’informatique y ont participé.
  • Le second est plus pratique : il s’agit de vérifier avec nos clients les formats des échanges, de tester les ordres de paiement SEPA et les circuits. C’est aussi pour se donner du temps sur cette partie que les entreprises doivent se mettre à SEPA au plus tôt.