L’évolution du RIB vers l’utilisation de l’IBAN est obligatoire

Publié le 21 octobre 2013

Interview de La Banque Postale pour banques-sepa :

 

  •  Quelles sont les modalités de la migration SEPA pour une entreprise ?

Quelle que soit la taille de l’entreprise, l’évolution du RIB vers l’utilisation de l’IBAN est obligatoire. Cela implique une évolution du format de stockage des coordonnées bancaires.

L’entreprise dispose des coordonnées bancaires de trois types d’interlocuteurs : ses clients, ses fournisseurs et ses salariés. Si une petite entreprise peut facilement demander les coordonnées BIC/IBAN de ses partenaires au format papier, elle doit les enregistrer dans un logiciel adapté. La migration à SEPA représente donc pour ces petites entreprises au minimum du temps pour recueillir les informations; mais cela peut aussi demander un changement de logiciel. En revanche, en matière de transmission de l’ordre de virement ou de prélèvement, la plupart des TPE utilise la plateforme de leur banque pour saisir leurs opérations, et elles n’auront pas besoin de modifier considérablement leur méthode. Les PME, elles, disposent le plus souvent d’un progiciel comptable ; elles doivent s’assurer qu’il convient pour des opérations au format SEPA. Même si ce n’est pas une priorité pour les chefs d’entreprises, il doit s’en préoccuper rapidement. En effet, une période de test est nécessaire pour s’assurer que les ordres de paiement saisis par l’entreprise sont correctement échangés.

Enfin, les grandes entreprises qui gèrent beaucoup de règlement et d’encaissement ont des adaptations importantes à réaliser. Elles disposent parfois de progiciels et attendent de leur éditeur les évolutions nécessaires. Ou elles ont des applications développées en interne par leurs propres services informatiques. Mais la gestion des moyens de paiement n’étant pas leur cœur de métier il peut être difficile pour eux d’appréhender les normes bancaires. Là encore, s’y prendre au plus tôt est un facteur clé de succès.

Le coût de migration au SEPA est donc variable selon les entreprises, et surtout lié à l’adaptation des outils informatiques. A noter que le coût de migration est supérieur pour les entreprises qui font des prélèvements, car la gestion de mandat devient plus coûteuse ; il faut en effet pour l’entreprise organiser la chaîne de conservation des mandats, et de restitution en cas de demande de remboursement conformément au règlement européen.

  • Quelles seront les conséquences si une entreprise n’a pas migré ses moyens de paiement, virement et prélèvement, aux normes SEPA d’ici au 31 janvier 2014 ?

Le risque principal est une interruption du cycle de paiement, et donc une impossibilité pour l’entreprise de régler ses fournisseurs, ses salariés et d’encaisser des règlements ou des cotisations (dans le cas d’une association par exemple).

Ce serait une vraie rupture économique qui pourrait conduire les acteurs économiques à se tourner vers des modes de paiement que SEPA n’impacte pas, comme le chèque. Mais le chèque n’est pas un moyen de règlement aussi sûr et aussi rapide que les virements et les prélèvements.

Pour éviter cela, nos clients entreprises bénéficient aujourd’hui de rencontres systématiques avec  leur conseiller pour se préparer à SEPA. Nous suivons cette migration pour tous nos clients nommément : nous sommes capables de dire si le client a été vu ou appelé, si le contrat SEPA a été remis, s’il a été signé, et nous suivons ces évolutions de très près. Nous sommes mobilisés pour qu’au 1er février 2014, la chaîne de paiements de nos entreprises clientes soit opérationnelle.